ECURIE Rnar42
Bienvenue chez Gabriel PERRET !
C’est par une matinée hivernale revêtue d’un léger brouillard qu’en ce début d’année 2014 nous prenons la route de la Loire où nous avons rendez-vous avec un personnage dont la discrétion n’a d’égal que le sérieux de son travail : Gabriel PERRET, entraîneur de trotteurs bien connu des anciens d’hippodingo, nous attend dans son centre d’entraînement situé au pied des monts du Forez, à quelques encablures de Montbrizon, la capitale historique forézienne.
Il est à peine 8h00 lorsque nous pénétrons dans la cour au milieu de laquelle trône quelques sulkys aux brancards en bois prêts à être attelés sur les flancs des trotteurs au cours de la séance quotidienne d’entraînement. A peine le temps de descendre de la voiture que le maître des lieux vient nous accueillir main tendue et sourire vissé sur les lèvres : « Bienvenue dans le forez ! J’espère que vous avez fait bonne route et que vous n’avez pas eu trop de mal à nous trouver ! » Engoncé dans sa combinaison bleue dont quelques traces de boue des jours précédents témoignent de l’ardeur du travail quotidien, Gabriel PERRET nous gratifie d’un regard malicieux surmonté d’un bonnet vert estampillé « ASSE » en lettres blanches ! Remarquant l’insistance de notre regard vers cet accessoire vestimentaire, il s’empresse de rajouter : « Ici on est à une trentaine de kilomètres de Saint-Etienne, la ville qui héberge le club de foot le plus prestigieux de France ! A un moment donné j’ai pensé prendre les couleurs du club pour ma casaque. Mais je n’ai pas leur talent, ni même leur prestige, alors j’ai pris le bleu et le blanc, les couleurs d’un petit club qui s’appelle l’O.M. ! » Conclut-il en partant dans un grand éclat de rire ! Avant de nous emmener faire le tour des boxes et des installations, Gabriel nous invite à prendre un bon café dans le petit réfectoire jouxtant la sellerie. Ce n’est pas de refus, cela nous réchauffera un peu et va nous permettre de commencer à situer le personnage.
Un jeune entraîneur installé depuis trois ans
Voila trois ans maintenant que le jeune Gabriel, 27 ans aujourd’hui, s’est installé ici pour commencer sa carrière d’entraîneur. « Au début, je faisais pas le mariolle ! J’ai eu l’opportunité d’acquérir ce site qui hébergeait auparavant un petit centre équestre. Il y avait donc déjà la vingtaine de boxes ainsi que les paddocks. Mais il m’a fallu investir également pour construire la piste ! Ne me demandez pas pourquoi mon écurie est ainsi nommée, je serai incapable de vous répondre ! Rnar, ça ne veut strictement rien dire ! Je ne savais pas trop à l’époque pour combien de temps j’allais être ici ! Vous savez, depuis tout petit je me passionne pour la sculpture et je me voyais plus travailler comme artisan dans ce domaine que dans le monde des trotteurs. » C’est pourtant au milieu des chevaux qu’aujourd’hui Gabriel passe son temps. Un métier dur et exigeant que notre forézien a appris auprès de quelques noms connus du monde d’Hippodingo. « Le premier a m’avoir mis des coups de pied au c.. et à m’expliquer qu’il fallait que j’arrête de faire n’importe quoi avec les chevaux, c’est David Comte ! C’est lui qui m’a donné les bases et montré comment évoluer. » Par la suite, Gabriel a pu bénéficier des conseils d’autres entraîneurs : « Je dois beaucoup à Cyril (écurie Lyonnaise ndlr) qui a toujours pris le temps de répondre à mes questions et dissiper mes doutes. Et puis il y aussi Mère Barita, pour moi LE personnage du monde d’Hippodingo ! Un entraîneur discret, toujours, mais d’une efficacité redoutable ! Mais je dois remercier également des mecs comme Fabrice, Max, Pierre, Naj, Yoni et surement d’autres encore que je dois oublier. Tous des collègues qui ont apporté quelque chose au jeune entraîneur que je suis encore, même après trois années de pratique à mon compte ! Et puis je garde le meilleur pour la fin : Un grand merci à Laurent, le « chef », celui qui donne à chacun de nous l’opportunité de s’épanouir au sein d’Hippodingo ! »
Le café à présent avalé, il est temps de remettre les parkas pour aller faire le tour des installations et voir un petit peu les pensionnaires de l’écurie au travail.
Des installations modestes, mais propices à un bon travail !
Pour assurer l’hébergement de son effectif, Gabriel PERRET dispose d’une vingtaine de boxes équipés d’une mangeoire et d’un abreuvoir automatique à niveau constant et de six paddoks à l’extérieur. Un local « sellerie » abrite tout le matériel d’harnachement etc…… Une douche trois places à eau chaude avec infrarouge et un coin « maréchalerie » complètent les structures. Un manège six places jouxte également la cour des boxes. Plus loin, on aperçoit la piste de travail : « Ici, ce n’est pas Grosbois ! » Nous glisse avec malice le maître des lieux. « Je dispose d’une piste de 700 mètres. Elle suffit pour nous permettre le travail basé sur le souffle et pour apprendre le boulot aux poulains. Malheureusement, je n’ai pas pour l’instant de ligne droite. Ca viendra avec le temps, un investissement prévu à terme. Alors, pour compenser, on se débrouille autrement. Quand on veut varier le boulot, par exemple pour les allonger, on prend le camion et on va bosser sur la piste de Saint-Galmier, à un peu moins de 20 kms d’ici. » Malgré des installations à taille modeste et un effectif réduit, l’écurie Rnar42 parvient à avoir de bons résultats. Nous prenons alors le risque de demander à Gabriel quel est le secret de sa méthode d’entraînement : « Le secret de ma méthode ? Je vais peut-être vous surprendre, mais je n’ai aucun secret. Tout simplement parce que je n’ai pas de méthode particulière. Ici, on travaille nos chevaux deux fois par semaine. Plus une fois à Saint Galmier. Le reste du temps, ils font de la promenade dans la forêt qui borde la piste. Vous voyez le chemin là bas pour y accéder ? En fait de promenade, les chevaux n’ont peut-être pas l’impression de travailler mais c’est super pour leur souffle ! »
Les boxes
Les paddocks
La piste
Un effectif au travail réglé comme sur du papier à musique !
L’écurie Rnar42 n’est pas une usine à trotteurs ! Son effectif est constitué d’à peine 12 chevaux dont 9 sont aptes à courir. Les 3 autres sont les C de l’écurie qui se préparent en vue des futures qualifications. « J’ai actuellement douze pensionnaires. C’est peu, mais c’est un choix depuis mes débuts dans le métier. Je suis conscient de ne pas avoir le même talent de gestionnaire que beaucoup parmi mes collègues entraîneurs. Alors, avec peu de chevaux c’est forcément plus facile. » En ce même moment, les lots déjà constitués s’affairent au travail sous l’œil aiguisé du « patron » qui veille sur ses jeunes. Les « A » sont partis à l’hippodrome. « la piste de Saint Galmier est pour moi un formidable outil de travail qui me permet de pallier à l’absence de ligne droite ici. » Un premier lot de « B » et l’unique « V » de l’effectif tournent sur la piste locale. Un deuxième lot de « B » est en préparation. « Mon équipe est bien rôdée et je travaille avec des personnes de confiance, qui aiment leur travail. Et j’aime bien former les jeunes qui représentent l’avenir de la profession. Ca me permet de rendre un peu de ce que j’ai acquis auprès des anciens. » Il y a quelque chose de frappant lorsque l’on observe l’effectif de Gabriel PERRET : C’est la jeunesse des ses pensionnaires ! « J’aime bien travailler avec des jeunes chevaux, leur apprendre le métier, les façonner…. Certains font le choix de la patience avec les jeunes chevaux, moi je préfère « faire » les poulains dès leur plus jeune âge. Et tenter de prendre de l’argent au début de leur carrière. »
BIG GEORGE à l'entraînement
LA grande date de l’écurie Rnar42 !
Le 12 mai 2013 est à marquer d’une pierre blanche pour l’écurie de Gabriel PERRET ! Ce jour là, sur l’hippodrome de Caen, sa pouliche AENA JOSSELYN s’imposait dans le prestigieux Saint Léger des Trotteurs et offrait à son entourage la plus belle des victoires ! « Mon premier Groupe I ! Ah ce ne fut pas facile, on bat d’une encolure ANOTHER LOVE, le formidable poulain de Guillaume de Geai ! Ma pouliche a bouclé les 2450 m du parcours sur le pied de 1’19’’7, un bon chrono sous la selle. Je voudrai d’ailleurs remercier encore une fois Yoann Mornet qui a prouvé une fois de plus en cette occasion qu’il était un crack jockey ! Ca restera un super souvenir et je crois que la photo de ce podium n’est pas prête de se voir décrocher du mur de mon bureau !».
AENA JOSSELYN le 12/05/2013 à Caen
L’élevage : Un autre atout de l’écurie Rnar42
Nous apercevons derrière les boxes quelques stabulations ainsi qu’un local fermé : « C’est le cocon de mes poulinières ! Ici nous en avons 5. Des retraitées qui se consacrent désormais à la reproduction. C’est un petit élevage, mais c’est sympa de s’intéresser aux croisements. Toutefois ça reste un luxe qui coûte un peu et qui n’est pas sans risques ! Nous venons d’investir dans un système de vidéo surveillance placé dans le box de poulinage. »
L’écurie aborde l’année 2014 avec certaines ambitions
A l’aube de cette nouvelle année, nous avons demandé à notre hôte quels étaient ses objectifs pour 2014 : « Je serai tenté de dire que j’attends une année merveilleuse. Au niveau des gains, mon objectif est de franchir la barre du million d’oros. Chose réalisable à condition que les meilleurs éléments de mon effectif ne bougent pas trop sur le plan physique. Et puis, quand on l’a gagné une fois, comment ne pas avoir une fois encore le Saint léger en point de mire ? Cette année nous préparons BIG GEORGE dans ce but ! »
Au moment de reprendre la route, comment ne pas formuler tous nos vœux de réussite à Gabriel PERRET pour cette année 2014 ? Non content de nous avoir réservé l’accueil le plus chaleureux qu’il soit, le jeune entraîneur forézien a tenu à formuler quelques mots pour Statotrot et ses lecteurs : « Je suis gré aux journalistes de Statotrot de me faire l’honneur d’un article ! Ce journal est juste sublime et je tiens à remercier personnellement l’équipe de rédaction pour le formidable travail réalisé en son sein. J’adresse également un bonjour amical à tous les lecteurs qui à présent me connaîtront un peu mieux. Il y a aussi beaucoup de nouveaux parmi eux. Je ne saurai trop leur conseiller d’être patients, et de ne pas hésiter à demander conseil aux anciens, même s’ils semblent inaccessibles. Enfin, je dois reconnaître que, malgré le plaisir que j’ai à y figurer, je ne comprends pas trop pour quelle raison le choix s’est porté sur moi pour inaugurer cette nouvelle rubrique du journal. Je reste persuadé que beaucoup d’autres méritaient d’être à ma place. »
Oui mais nous, nous savons ! Gabriel fait partie de ces entraîneurs sur Hippodingo dont la modestie est appréciée au même titre que son talent ! Nous savons combien il est difficile pour quelqu’un comme lui, qui n’aime pas se retrouver sous les feux des projecteurs, de se prêter au jeu de la présentation. Pourtant nous n’oublierons pas de si tôt cette première visite au sein de son écurie !
Au nom de toute l’équipe de rédaction et de tous les lecteurs de Statotrot, je dis un grand MERCI à Gabriel PERRET pour sa gentillesse et sa disponibilité !
Bernard
(Marianne Trot)