Après avoir mis à l’honneur des joueurs phares du jeu, nous sommes partis faire un petit tour en province pour rencontrer l’entraîneur de deux écuries qui fonctionnent plus que bien. Présent depuis les débuts de la deuxième version du jeu, Matthieu Vandermolen, plus connu sous le pseudo de Mattv, nous a ouvert les portes de ses écuries pour Statotrot.
Matthieu bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?
« Tout d’abord merci de venir interviewer un petit gars de la province, jamais vainqueur de Groupe ! Dans la vraie vie je suis Matthieu, 31 ans, je travaille au service légal d’une compagnie de services pétroliers et j’habite au sud de Paris. Je suis revenu en France en 2009 après divers jobs à l’étranger. J’ai découvert Hippodingo lors de la version Beta et suis donc présent sur Hippodingo 2 depuis ses débuts. »
Parmi vos 75 chevaux répartis sur vos deux écuries, vous ne possédez aucun « crack ». Comment expliquer une telle réussite au vu de vos résultats ?
« Je suis à la tête effectivement de 2 écuries : Mattv et Ecurie m. Les deux ont les boxes généralement pleins et n’ayant pas de « crack », je suis obligé d’avoir du volume si je veux survivre financièrement. En fait, je me suis inscrit à ce jeu avec d’autres amis (entre autre Laudebar, Valesca (éleveur et entraîneur de trot professionnel dans la vie réelle) et Toutoune). Le deal était de faire les meilleurs résultats possibles sans jamais acheter de codes. On s’en est tous pas trop mal sorti, Laudebar était en tête durant les 6 premiers mois grâce à des achats plus qualitatifs, voyant cela j’ai dû m’orienter vers une stratégie différente. Je peux vous dire que durant des mois, en fait jusqu’en juillet 2010 les fins de mois sur Hippodingo étaient toujours proches de 0 oros.
Tout ça dans le but de faire grandir l’effectif, passer mes niveaux d’entraîneur et enfin commencer à faire rentrer quelques bénéfices pour stabiliser les écuries et essayer d’acheter un peu plus qualitatif. Tout ceci est en cours car aucun de mes pensionnaires ne me garantit de rente mensuelle suffisante donc je dois sélectionner toujours plus et le gros problème actuel, s'il n’est plus la trésorerie est le manque d’offre de bons chevaux sur le marché ainsi que ma méconnaissance des catégories qui leurs sont propres. »
On trouve très peu de mâles sous votre responsabilité, est-ce un choix ou une coïncidence ?
« Tout ceci est lié. Quand on n’a pas de moyens on se doit de s’adapter à l’environnement, quand le système de valorisation des poulinières a été mis en place, j’ai réalisé que je pouvais faire de jolies plus-values grâce à cela et je me suis donc lancé et ai qualifié des dizaines de poulinières. D’ailleurs, si vous en avez à qualifier envoyer les chez moi je vous les rends ensuite sans problèmes (rires). Les mâles que je garde ont un peu plus de qualité en général, ou alors ils sont là pour remplir les boxes temporairement et ne restent dans ce cas jamais très longtemps. »
On vous voit très régulièrement en province (et avec réussite d’ailleurs). Vos chevaux y sont-ils plus à leur aise ?
« Pas vraiment mais encore une fois, je m’adapte. Le niveau à Vincennes est élevé, je n’hésite pas à venir quand j’ai une chance, je suis venu avec succès dans le passé avec STORM CAT (vendu depuis). Je viens de temps en temps avec TERRANGA FIX, je vais venir sans doute plus souvent avec URBANITO SOMOLLI qui est un peu mis dans du coton pour l’instant et puis les A seront également un peu plus présent, enfin j’espère. »
Justement, dans la jeune génération qui commence à arriver progressivement, certains de vos protégés sont-ils à détacher pour l’avenir ?
« Pas de champions dans les V, j’ai surtout privilégié les origines des femelles afin de compléter mon élevage avec des pères que je n’avais pas. J’ai déjà commencé à en qualifier quelques une pour l’élevage afin de pouvoir prendre mon temps par la suite. À côté de cela, j’ai quelques chevaux utiles pour payer les frais, surtout des mâles. D’ailleurs, je vais en vendre quelques-unes d’ici l’été une fois qu’ils seront mécanisés. Par contre, maintenant que mes finances sont saines, si un généreux mécène a un bon V à vendre je suis preneur, même dans des budgets de plusieurs millions. Dans les A je détacherais peut-être AQUABA et AZEOTROPE, deux produits de l’élevage maison qui montrent un peu plus de moyens que les autres le matin à l’entraînement. »
L’élevage va-t-il représenter une partie importante de l’année ? Attendez-vous de bons petits « B » ?
« L’élevage est primordial pour mes modestes effectifs. Néanmoins, il va me falloir tout d’abord obtenir des saillies correctes et honnêtement c’est l’enfer…
Si le bug de janvier a profité à certains, j’étais en vacances à ce moment-là et qui dit vacances pour moi dit écuries au repos ! Du coup, j’ai quasiment rien de saillie et je me demande ce que ça va donner d’ici à juin car c’est une vraie bataille pour obtenir une semence correcte. Maintenant, j’ai quelques valeureuses poulinières donc si la chance suit j’espère quelques poulains de qualité, la moitié environ sera vendue afin de faire tourner l’effectif. »
Enfin pour terminer, un mot sur les autres joueurs et sur le travail de Laurent Tardif ?
« Difficile de dire quelque chose en particulier, j’ai des écuries qui maintenant me permettent quelques folies et de me faire plaisir (bientôt) dans toutes les catégories. Par contre, je trouve que les écuries aux effectifs pléthoriques devraient réfléchir au fait de moins tourner en vase clos car ils grossissent leurs propres écuries entre eux et montent 5-6 machines de guerre mais c’est à ce prix là qu’ils resteront à 5-6 joueurs…
J’aime bien l’attitude de Bariton qui a annoncé répartir des saillies de ses étalons vedettes pour lui, pour le business (il en faut) et le reste en tirage au sort, on devrait systématiser cela sinon il est impossible pour les autres de se développer et l’autarcie ne marche plus dans notre société égoïste et globalisée. Il y a peut-être une réflexion à faire sur le nombre de poulinières, 10 seraient suffisantes je pense (pour les mêmes raisons…). Bravo à Lyonnaise pour le palmarès qu’il se forge.
Un message plus personnel aux joueurs : faîtes attention si vous faîtes du business avec Laudebar, il n’est pas fiable ce garçon !
Concernant, Laurent, je suis impressionné par le jeu qu’il a mis en place, par sa patience envers les critiques, le jeu est vraiment bien ficelé même s’il est clair que l’on voit la différence quand le chef a du temps de présence ou non, c’est peut-être là-dessus que des améliorations sont possibles. Mais globalement c’est vraiment sympa Hippodingo ! ».